Jour de rentrée


Mettre en place la relation d’autorité

Ce n’est pas la première heure qui est déterminante, ce sont les 5  premières minutes.  Elles seront décisives pour la suite. Il faut le savoir dans l’installation de la maîtrise d’une classe, l’essentiel se joue dans ces premiers instants sur lesquels vous ne pourrez plus revenir  " j’aurais dû m’y prendre autrement…"   direz-vous un mois après la rentrée  mais voilà c’est de l’irréel du passé !

On néglige souvent l’impact de cette première heure sous prétexte qu’elle a essentiellement des contenus administratifs. Or sachez que vous communiquez avant d’avoir parlé et votre crédibilité s’engage sur l’impression  donnée aux élèves.Tout le non verbal (gestuelle, regard, postures, occupation de l’espace et bien entendu tenue vestimentaire) vont constituer des micro signes porteurs de sens. Alors quel message voulez-vous faire passer : assurance, énergie, ou indifférence, routine voire timidité ?


Avoir un objectif

Ce que l’on gérait autrefois spontanément nécessite désormais une réflexion et des outils pratiques. Donc pour ce premier contact, il est nécessaire d’avoir un objectif qui peut être : "mettre en place la relation d’autorité "


Marquer votre présence, affaire comportementale

Le premier contact  s’établit avant d’être entré en classe. Certes, l’inquiétude voire la peur n’épargne ni les élèves ni l’enseignant. Utilisez déjà ce moment où les élèves agglutinés à la porte, vous regardent avec curiosité ou affectent l’indifférence, souvent mal à l’aise malgré des attitudes fanfaronnes. Devant ce groupe, ne vous contentez pas de regarder la serrure de la porte que vous allez ouvrir, prenez le temps de lever la tête, d’établir un contact oculaire qui va balayer le groupe et déjà peut-être s’attarder sur un élève agité. C’est d’ailleurs ce qu’il recherche, se faire remarquer.

Il se peut même que lors de cette première rencontre, quelques personnalités veuillent se distinguer avec les seuls outils qu’elles connaissent, provocation et agressivité. Faire preuve de discernement car toute perturbation ne mérite pas une intervention, surtout si l’insolence est diffuse ( qui a sifflé, qui a ricané, dit une sottise ? ). Vous reviendrez sur l’incident, à froid, à l’intérieur de la classe.


Vous êtes le maître du jeu à chaque étape :
intimider d’abord

Plutôt que de rejoindre directement votre bureau et le nez baissé, sortir vos affaires pendant que les  élèves entrent en groupes tout en poursuivant leur conversation, à vous de leur signaler nettement le  changement du passage de l’extérieur à l’intérieur.

Restez sur le seuil de la porte en sorte qu’ils passent un à un devant vous. En fait jouez  « le portillon électronique ». Ainsi l’élève est obligé de se dissocier du groupe en même temps que vous établissez un contact personnel et bienveillant. Mais c’est aussi le moment de faire une remarque particulière sur une tenue ou un comportement inadéquat (casquette, capuche, portable…), remarque qui renforcera l’idée que la classe est un lieu à part, on osera dire « sanctuaire »..
Une fois les élèves à leur place, restez debout devant eux, jusqu’à ce que le calme soit à peu près installé en parcourant la classe du regard. Enfin vous leur adressez la parole  en vous présentant. (Ecrire votre nom au tableau évitera des malentendus)

Rassurer par le rituel de la première heure

L’appel est l’étape incontournable. Là encore installez la communication par un contact oculaire rapide mais qui sortira chacun de l’anonymat. Demandez  à l’élève de vous corriger si vous écorchez son nom. Ainsi pour la première fois vous vous mettez  en position « basse »  en lui conférant autorité  et vous ménagerez  sa susceptibilité.
La vérification de l’emploi du temps permet de mettre en route la communication verbale sur un terrain neutre.

Quelques mots sur la fiche de renseignements toujours en vigueur, le fameux quart de feuille servant aux informations personnelles.Ce moment peut être mal vécu par l’élève amené à mentionner des détails stigmatisant : date de naissance (qui dévoilera une scolarité chaotique), adresse (donc quartier) profession des parents ou situation familiale (souvent complexe). Il vaut mieux banaliser l’importance que vous accordez à ces informations.

Reprendre la barre en surprenant

Vous pouvez demander à l’élève de se présenter par écrit en quelques lignes. Cet exercice oblige l’élève à se recentrer  dans un texte qui établira une communication de personne à personne. Ce que vous allez récolter est riche d’informations sur votre public : celui qui rend feuille blanche, celui dont l’écriture est manifestement bâclée, celui qui s’applique et essaie d’être honnête, celui qui vous fait savoir que votre matière ne l’intéresse pas. Vous savez dès lors que vous aurez à tenir compte de cette diversité et à l’harmoniser.

Pour terminer relevez les fiches de la main à la main pour nouer le contact. Les élèves resteront sur cette dernière impression accueillante.

 

 

 

 


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